14 août 2008

Anakao et la mauvaise surprise de l’île de Nosy Ve

Après l’étonnante allée des baobabs de Morondava, nous avons pris l’avion tôt le lendemain matin direction Tuléar, plus au sud. A peine arrivés et nous voilà repartis, charrette à zébus puis bateau (à moteur cette fois, la technologie a du bon !), pour deux jours de farniente dans le village de pêcheurs d’Anakao.
Sur la plage, on peut observer le train-train du peuple Vezo, tourné essentiellement vers la mer. Mais le tourisme commence à faire vivre une partie du village, et n’amène pas que du positif : de nombreux enfants essaient de nous vendre coquillages ou colliers, réclament des cadeaux (« donne-moi le cadeau, vazaha ! Donne-moi le t-shirt ! Donne-moi le savon ! »), et se montrent un peu trop insistants. Les habitants du village s’improvisent tous restaurateurs, et dès le matin on peut passer commande pour le soir : ils pêcheront en fonction de ce qu’on veut manger !

Pour notre deuxième jour, nous avons rendez-vous le matin de bonne heure avec Hermann, un jeune rencontré la veille sur la plage, qui doit nous emmener passer la journée à Nosy Ve. Il s’agit d’une île déserte située au large du village, qu’on aperçoit depuis la plage. Les seuls habitants sont des oiseaux étranges, les pailles-en-queues, qui nichent uniquement sur le sable de cette île. Au programme, soleil, sable fin, poisson frais, pêche, plongée… Nous nous attendons au paradis sur terre, mais rien ne va se passer comme prévu…
Après la traversée en boutre à voile, on confie nos affaires à notre piroguier pour aller faire le tour de l’île pendant qu’il prépare à manger. La plage est vraiment magnifique. La marée est basse, et nous croisons de nombreuses femmes qui cherchent les crabes dans le lagon qui entoure l’île. Une vraie carte postale…

Nous marchons un long moment sur la plage, puis nous décidons de couper à travers l’île pour rejoindre le bivouac. Et heureusement… Car en s’approchant par derrière du lieu où nous avions laissé notre sac, nous surprenons un type le nez à l’intérieur de notre sac à dos, notre argent dans les mains, pendant qu’un deuxième fait le guet ! Ni une ni deux, je leur saute dessus en gueulant, leur prend nos affaires des mains, leur fait les poches… rien. Pourtant il nous manque une grosse somme d’argent, on en est surs. Je les traite de tous les noms d’oiseaux (Didier reste d’un calme désespérant… : D), ils n’ont rien pour leur défense à part le fait qu’ils n’ont effectivement rien sur eux. Il manque également un joli couteau à un deuxième groupe de français.

Comme personne ne se décide à nous rendre ce qui nous appartient, on coupe court à notre « journée de rêve » pour repartir tous ensemble à Anakao afin de réunir le conseil du village qui tient lieu de tribunal. En guise de cours de justice, on se retrouve assis dans le sable, pieds nus, avec les poules qui circulent au milieu… Après avoir expliqué le problème aux chefs du village, et les avoirs longuement écoutés parler en malgache, le couteau réapparait comme par miracle, et les 3 jeunes impliqués dans le vol (notre piroguier en fait bien sur parti) doivent nous rembourser chacun 1/3 de la somme manquante. Pour obtenir cela, il a quand même fallu que je m’énerve « un peu » : imaginez, dans un coin paumé où ce sont encore les hommes qui dirigent tout, une petite blanche qui gueule plus fort que les 10 mâles réunis… Je crois qu’ils avaient tous un peu peur de moi à la fin ! J’avais droit à des « madame » par-ci et des « s’il-vous-plait » par-là…. Trop drôle !

Bref, tout est bien qui ne finit… pas trop mal, on récupère l’argent volé, et le soir on se retrouve en toute simplicité à manger des crabes à la lueur d’une bougie, chez un pêcheur. Sa femme et lui sont aux petits soins pour nous. Ils doivent m’avoir entendu crier… :D

Un commentaire to “Anakao et la mauvaise surprise de l’île de Nosy Ve”

  1. 14 août 2008

    misterpatate :

    tout ça pour aller sur une ile voir des aigles obèses. :)

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