3 juillet 2008
Mi-temps
Ça y est, trois mois de passés, dans trois mois on rentre ! Le temps est jusqu’ici passé à la fois très vite et trop lentement, selon les jours. Quand on regarde l’agenda, on réalise que les semaines vont s’enchainer et qu’on ne pourra pas faire tout ce qu’on voudrait. Mais certains soirs, nous nous surprenons à fantasmer sur le décollage de notre avion de retour, l’arrivée à Paris, le métro et le monde occidental !
Ces dernières semaines ont été bien chargées, bien que nous n’ayons pas fait de grosses escapades. Nous avons fait des choses très semblables à celles que nous aurions pu faire en France, mais pourtant tellement différentes : concerts, match de foot, soirées entre amis, restaus, week-end à la campagne…
Cette fois, on se sent chez nous : nous avons même pu récupérer nos visas et nos cartes de résidents, portant la mention « expatriés ». Pas malgaches, mais plus vraiment français ! Toujours touristes en tout cas : nous prévoyons deux grosses semaines de vacances début juillet. Vous n’aurez plus de nos nouvelles pendant ce temps là mais on vous racontera tout ça dès notre retour.
Une sorte de routine étrange s’installe. Les choses qui nous choquaient au début nous semblent presque normales aujourd’hui. A l’hôpital par exemple, je ne m’étonne plus d’apprendre le décès de tel ou tel malade, et le manque criant de moyens me fait de moins en moins bondir. Pour Didier, se balader dans Andohatapenaka, l’un des quartiers les plus pauvres de Tana, lui parait normal, alors que quasiment aucun étranger ne s’y aventure.
Mais certaines scènes de la vie quotidienne nous rappellent que la vie ici est dure pour certains, et nous laissent sans voix : une femme se jetant de toutes ses forces dans une benne à ordure pour être la première à récupérer les déchets qui viennent d’y être jetés par un passant ; un gosse de 15 ans qui meurt du tétanos dans d’atroces souffrances ; les gamins de 3-4 ans qui mendient dans la pollution d’un tunnel.
Ici à Madagascar, nous prenons conscience que nous tous, français, menons dans notre pays une vie de privilégiés, même pour les plus pauvres.

