Le samedi 7 juin, nous avons assisté à la fête de la circoncision à Andohatapenaka, organisé par l’autorité du quartier et par « Bazar sans Frontières », l’association pour laquelle je travaille.
Arrivés à la Maison Pour Tous du quartier vers 8h du matin, nous avons été rapidement accueillis par Bernard, le président de BSF venu de France pour quelques semaines. Après un petit café, nous avons fait un bain de foule avec lui. Il y avait plusieurs centaines de personnes et nous avons d’ailleurs appris que plus de 180 enfants étaient en train de se faire circoncire !
Puis, à un moment, il a bien fallu s’approcher des médecins (bénévoles) pour observer cet acte si « horrible ». Ils étaient 4 : les deux premiers s’occupaient de « préparer le terrain » (décallotage et désinfection sommaire) et les deux autres procédaient à la « coupe » ! D’un œil attentif, nous les regardions faire alors que les gamins âgés en moyenne de 3 à 6 ans, pleuraient et criaient.
Une des choses qui nous a rapidement impressionné, c’était la façon dont les médecins coupaient la peau du « zizi » des enfants : au fer à souder ! Horrible, non ? Et bien pas du tout, c’est certainement un de moyens les plus propre et rapide de faire cela, l’enfant n’a d’ailleurs même pas le temps de saigner, la cicatrisation s’effectuant instantanément.
Après l’observation, l’action ! Chacun notre tour, nous avons aidés les médecins à tenir les enfants en place, car ces derniers savaient ce qui les attendaient et se débâtaient comme des forcenés (ou presque). Au début, c’était supportable, mais nous avons eu rapidement mal à la tête à force de les voir pleurer, crier, saigner pour certains et avoir la diarrhée pour d’autres (tellement leur peur était grande). Le jouet offert ensuite aux enfants ne suffisaient pas toujours à les calmer.
Sauf qu’à un moment, la file des enfants « préparés » s’agrandissant, les deux premiers médecins se sont mis à circoncire « à l’ancienne » ! … Nous avons eu « la chance » de tenir un enfant qui, lui, n’en a pas eu… Piqure anesthésiante sur le petit bout de peau, un peu d’alcool sur les outils de torture pour faire croire à leur désinfection, et hop c’est parti ! Découpe malheureuse de la peau avec des ciseaux pour enfants (ceux aux bouts ronds qui coupent mal le papier), puis on recoud la peau avec un fil tout pourri que l’on plante avec une sorte d’hameçon à moitié rouillé, ah merde la découpe n’est pas réussie, on recommence jusqu’à que ce soit bon…
Après cette expérience traumatisante pour l’enfant et pour nous (Christèle a notamment eu du sang de l’enfant sur les mains), nous avons décidé d’arrêter les frais et de sortir de là pour prendre l’air… Nous sommes très heureux d’avoir eu accès à cette manifestation traditionnelle (la circoncision n’a rien de religieux à Madagascar) car nous n’aurons certainement plus jamais l’occasion de le voir (de près ou de loin).
Le lendemain, nous avons eu la surprise de nous voir aux infos de 20h et dans un journal papier (ci-dessous, la photo de l’article) !
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Par Bombineau |
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