Archive de ‘Nos escapades’

22 mai 2008

Un week-end à Majunga

Pour l’ascension, nous avons décidé de faire le pont afin de profiter de 4 jours de vacances à Majunga, sur la côte ouest de Madagascar. Environ 580km séparent Tana de Majunga : en France il faudrait 5 heures d’autoroute, ici c’est 12 heures de petite route de montagne, bien tortueuse, et vas-y que ça descend, et vas-y que ça remonte !

Départ de Tana vers 17h, arrivée à Majunga à 5h du matin, avec 2h de panne entre temps (il a fallut retirer un frein à notre taxi-brousse, puis rattraper le temps perdu en roulant très vite dans les descentes…). Le temps de déposer nos sacs à l’hôtel, et on repart pour regarder le jour se lever sur la baie de Majunga. Il faut profiter de la fraicheur, car ça ne va pas durer, alors on longe la corniche (sorte de promenade des anglais, bordée de palmiers), le port aux boutres, un tour dans la ville, passage obligé devant le célèbre baobab et ses 20 mètres de circonférence (le pauvre sert de rond-point…). Petit à petit, la chaleur monte, et avec la fatigue du voyage (difficile de dormir dans un taxi-brousse !), la sieste s’impose.

Une fois requinqués, nous décidons d’aller passer le reste de l’après-midi sur la plage, à l’extérieur de la ville. Enfin on se baigne ! Après plus d’un mois à Mada, on se rend enfin compte qu’on vit sur une île ! Plage de sable fin, ciel bleu, mais aussi des algues et du monde, jour férié oblige. Nous restons admirer le coucher du soleil sur le canal du Mozambique, magnifique !
Sur le chemin du retour, on croise plein de petits « stands » qui nous intriguent : il s’agit en fait de minis restaus improvisés, avec des tables en U autour d’un barbecue. On s’installe, et il ne reste plus qu’à commander : 20 brochettes (toutes petites) ! 4 catless ! 6 boulettes de poisson ! 1 soupe chinoise ! 2 bananes flambées ! On a un peu peur d’être malades, mais c’est tellement bon et agréable, dans la fraicheur de la soirée…

Le lendemain matin, on part tôt direction la plage, mais pas la même : c’est la plage du Grand Pavois qui nous attend, une immense étendue de sable bordée de palmiers et autres cocotiers, avec une mer sublime, et pas une algue. En plus il n’y a quasiment personne. Mais celle-ci il faudra la mériter et marcher ¾ d’heure en plein soleil… Quand on fini par rejoindre la mer, on se jette dedans, un vrai bonheur ! Après en avoir bien profité, on longe la plage tout en s’arrêtant régulièrement pour se baigner car il fait vraiment très chaud.

Lorsqu’on croise un bras de rivière qui s’enfonce dans le sable avant de rejoindre la mer, on doit le remonter un long moment avant d’arriver au Cirque Rouge. Nous marchons donc pieds nus dans quelques centimètres d’une eau qui dessine de nombreux sillons dans le sable qui la tapisse. Autour de nous, c’est la nature brute, une végétation luxuriante, sans aucune trace de vie humaine : on se croirait seuls au monde, les premiers à découvrir cet endroit magique. Comme par miracle, de petites sources d’eau surgissent des rochers qui nous entourent aux moments où on a vraiment trop chaud.
Puis on découvre le Cirque Rouge. Une collègue de l’hôpital m’a dit à son sujet « ouais, c’est du sable ». Nous, nous sommes abasourdis par l’endroit… Difficile à décrire, et les photos ont du mal à rendre compte de cette magie. Nous sommes encerclés par de hautes parois de sable comme sculptées par la pluie, dans un dégradé de couleurs qui vont du blanc à l’ocre, en passant par toutes les gammes de rose et de rouge. Avec le ciel bleu, les pieds dans l’eau, on se croirait au bout du monde (tiens, on y est en fait). En plus nous avons un nouvel ami. Baptisé Teuby (spéciale dédicace à Julien) un chien nous a servi de guide pendant toute la promenade : il connait le chemin par cœur et nous ouvre la voie !

Dans tout ça, il fait de plus en plus chaud, il est tard, il commence à faire faim, et notre bouteille d’eau est vide, alors nous quittons à regret cet incroyable Cirque Rouge. De retour sur la plage, on s’offre de bonnes brochettes de poisson puis on fini de cramer sur la plage, en attendant que le soleil se couche. Le soir, nous sommes complètement inertes, le soleil nous a tapé sur la tête, alors on se couche très tôt.

Pour notre troisième et dernière journée, nous partons (encore une fois très tôt, et Didier ne râle même pas !!! :) ) pour Katsepy. C’est un tout petit village de pêcheurs situé de l’autre côté de la baie de Majunga que l’on traverse en bateau (avec un 4×4, 5-6 motos, des poules en pagaille et une soixantaine de malgaches, debout collés-serrés !). Il fait encore une fois très chaud, alors on abandonne assez vite notre but (rejoindre un phare, trop loin) pour observer les pêcheurs et les habitants des minuscules maisons traditionnelles dans leur lenteur quotidienne.

Le lendemain sera consacré au retour, les paysages rencontrés ne suffisent vite plus à nous faire oublier la chaleur et la longueur du trajet, d’autant plus qu’on retombe en panne (le radiateur cette fois !) Quand on arrive à Tana il fait nuit depuis longtemps, et demain une nouvelle semaine commence pour nous… Alors au dodo !

15 mai 2008

Geyzer, chute et pirogue dans la région d’Itasy

10 mai 2008

Arivonimamo

8 mai 2008

Visite du Lac Mantasoa

Il y a quelques jours, nous sommes allés passer un week-end au lac Montasoa, un immense lac artificiel à 60 km de Tana (soit deux heures de route). Cela nous a donné l’occasion de prendre le taxi-brousse pour nous y rendre. Et ce mode de transport n’est pas une légende… Nos bagages sur le toit de la camionnette, tous les passagers compressés à l’intérieur (presque) comme du bétail, de la chaleur et des secousses… 45 minutes ont été nécessaire pour parcourir les 12 derniers kilomètres sur des pistes terreuses, à peine goudronnées et avec de nombreux trous.

Arrivés au village de Mantasoa (à 4km du lac), on tombe sur Solofo, un homme très gentil, qui propose de nous emmener jusqu’à notre hôtel avec le bus qui transporte sa famille, « et qui devrait arriver d’une minute à l’autre ». Encore quelques minutes de discussion, et il nous offre le voyage de retour à Tana le lendemain avec ce même bus ! « Vous êtes stagiaire/bénévole dans notre beau pays, il faut bien qu’on vous remercie » nous dit-il… On était au beau milieu de la campagne malgache et on tombe peut être sur la personne la plus riche du coin !

A l’hôtel « Le domaine de l’Hermitage » (4 étoiles, s’il vous plait…)  on se restaure vite fait dans notre chambre pour partir en randonnée à la découverte du lac, que nous n’avons qu’aperçu sur le chemin. Cela étonnera peut-être des personnes de mon entourage mais nous avons fait quinze bons kilomètres en quatre heures (pauses comprises)! Regardez vous-même les photos ci-dessous, ce lac est tentaculaire, gigantesque (plus de 100 km de circonférence) et magnifique… De l’eau limpide, bleu, verte et même « rouge » sur les rives.

On croise beaucoup de paysans malgaches, plus souriants et étonnés de nous voir que les habitants de Tana… Les gens nous abordent et essayent de discuter avec nous, comme cette dame avec son panier sur la tête qui nous parle sans que l’on puisse comprendre… éclats de rires pour tout le monde garantis. On est bien, il fait beau, chaud et frais à la fois (merci à la forêt qui entoure le lac), on prend des photos, on trempe nos pieds dans le lac, on respire (non pas de la pollution comme à Tana, mais de l’air bien pur !), on ne croise aucun touriste, … on a l’impression d’enfin découvrir Madagascar et d’être au bout du monde.

Grâce au plan très détaillée que l’on nous avait prêté, nous avons pu découvrir différents lieux « à voir » autour du lac, mais nous ne sommes arrivés que trop tard au plus bel endroit… Je dis trop tard car le soleil se couchait et nous étions à bien 4 km de l’hôtel. Donc après pas mal de photos et un petit goûté, nous avons pris le chemin du retour pour essayer de rentrer avant la nuit. Cela a été juste car nous avons dû terminer notre périple à la lampe torche pour nous guider, et un petit quart d’heure après avoir posé les pieds (fatigués) à l’hôtel, il s’est mis à pleuvoir…

Après une bonne douche, nous sommes allés dîner au restaurant de l’hôtel et nous avons enfin compris pourquoi la chambre n’était pas si chère que ça (30 000 Ar soit 12€)… ils se sont rattrapés sur le prix du menu (pas si bon que ça en plus).

La nuit n’a pas été aussi bonne que nous l’avions espéré car Christèle en a passé la moitié à être très malade. Le dimanche a été plus tranquille que le samedi : plusieurs petites ballades autour de l’hôtel, pique-nique autour du lac, petite sieste. Puis il a bien fallut partir de l’hôtel pour rejoindre vers 16h la personne qui nous avait proposé de rentrer avec son bus à Tana.

Le voyage retour a été très agréable avec la vingtaine de membres de la famille de Solofo qui se sont mis à chanter en cœur des chants malgaches sur une bonne moitié du trajet.

De retour chez nous et avec une bonne grosse assiette de riz dans le ventre (on y prend goût à en manger tous les jours !), nous nous sommes endormis après avoir regardé ces photos…