Archive de ‘Mois après mois’

26 août 2008

Compte à rebours

Après avoir rêvé de notre retour en France pendant nos deux premiers mois, profité pleinement de notre vie malgache les deux suivants, voilà maintenant que nous redoutons le moment de dire « adieu» à tout ce et tous ceux que nous avons rencontrés ici. Ces dernières semaines sont passées à toute vitesse, entre notre train-train quotidien et les soirées bien arrosées. On voudrait pouvoir empêcher le temps de nous filer entre les doigts…

En cinq mois à Madagascar nous nous sommes recréés un univers bien à nous, avec un cercle familial (Suzanne et Daddy), un cercle d’amis (nos collègues respectifs), nos endroits préférés pour acheter le pain ou manger à midi, etc. Nous allons dans quelques semaines dire au revoir à tout cela, en sachant qu’on ne le reverra/revivra pas…
Le mois à venir s’annonce en plus bien chargé, avec la venue de papa-maman Betton (!!!) pour deux semaines, puis quelques jours de vacances et une dernière semaine de « boulot » (en ce qui me concerne, dernière semaine de rigolade avec mes copines de l’hôpital, hihihi !).

Pourtant nous avons également hâte de rentrer, pour vous revoir tous : vous nous manquez quand même !

5 août 2008

Nos grandes vacances

Ca y est, c’est officiel ! Nous sommes plus proches de notre retour en France que de notre arrivée à Madagascar… Et oui, cela fait quatre mois que nous avons débarqué et il ne nous en reste que deux !

Durant ce quatrième mois, le quotidien a suivi son cours… Ce qui paraissait impensable à Christèle au début de son stage à l’hôpital, lui semble aujourd’hui ordinaire et malheureusement inévitable vu la place qu’à la santé à Madagascar (ce n’est pas une priorité du gouvernement !). De mon côté, j’ai notamment continué à donner des formations d’initiations à l’informatique et de bureautique, ça fait plaisir de voir les progrès de certains élèves ! J’ai même commencé à former une personne à Access (base de données), j’appréhendais un peu mais je ne m’en sors pas trop mal, d’après elle :)

Mais ce quatrième mois a été pour nous l’occasion de prendre deux semaines de vraies vacances afin de découvrir l’ouest et le sud du pays. Voici un petit résumé de ce que nous avons traversé :
- Départ de Tana le 26 juin, juste après la fête de l’indépendance de Madagascar (ça aussi ça serait une histoire à raconter)
- 1er jour : Antsirabe. Un collègue d’une des deux assos pour lesquelles je suis bénévole nous a fait visiter la ville. C’est la ville la plus froide de Madagascar mais aussi l’une des plus agréables à vivre.
- 2e jour : Miandrivazo. Point de départ de trois jours de pirogue pour descendre la tsiribihina, un fleuve malgache.
- 3e, 4e et 5e jour : Descente de la Tsiribihina en pirogue ! On y a vécu des moments plutôt exceptionnels
- 6e jour : Belo-sur-Tsiribihina. On y a pris un camion-brousse (bien différent du désormais classique taxi-brousse !) pour rejoindre Morondava. On y est arrivé à temps pour admirer la sublime et magistrale allée des Baobabs juste avant le couché du soleil.
- 7e jour : Anakao. Pour gagner plus d’une journée de transport nous avons d’abord pris l’avion jusqu’à Tuléar puis un bateau pour rejoindre ce village de pécheur au milieu de nulle part.
- 8e jour : Nosy Ve. Une île vraiment déserte en face d’Anakao. Un endroit sublime (le sable blanc, l’eau couleur émeraude, …) qui nous a tout de même réservé une mauvaise surprise, on vous racontera ça plus tard…
- 9e jour : Sarodrano. Une langue de sable paradisiaque entre Anakao et Tuléar, on y a passé deux nuits dans un hôtel avec les pieds dans l’eau.
- 10e jour : Saint-Augustin. Un autre village de pécheur que l’on a rejoint à pied depuis Sarodrano.
- 11e jour : Tuléar. Visite d’un très bel arboretum et repos à Tuléar avant de repartir sur les routes.
- 12e et 13e jour : Le parc national de l’Isalo. Deux jours de magnifiques mais éprouvantes randonnées à partir à la recherche de lémuriens, cascades, canyons et piscines naturelles.
- 14e jour : Ambalavao. Nous avons fait une halte dans ce village pour souffler… A force de crapahuter de partout on commençait à être fatigué !
- 15e jour : Fianarantsoa. Visite de la vieille ville, de différents points de vue sur Fianarantsoa et de la gare du train mythique pour Manakara (côte est) que l’on prendra dans un mois avec les parents de Christèle, qui viennent nous rendre visite fin août.
- 16e jour : Ambositra. On a passé une journée dans ce village réputé pour la qualité de ses artisans et de son art « Zafimanira ».
- 17e jour : retour à Tana. C’est le moment de défaire nos valises et de trier les quelques centaines de photos que nous avons fait!

Pour finir, voici quelques photos de notre périple (une par jour) avec, pour commencer, une carte du pays retraçant la route que nous avons pris.

3 juillet 2008

Mi-temps

Ça y est, trois mois de passés, dans trois mois on rentre ! Le temps est jusqu’ici passé à la fois très vite et trop lentement, selon les jours. Quand on regarde l’agenda, on réalise que les semaines vont s’enchainer et qu’on ne pourra pas faire tout ce qu’on voudrait. Mais certains soirs, nous nous surprenons à fantasmer sur le décollage de notre avion de retour, l’arrivée à Paris, le métro et le monde  occidental !

Ces dernières semaines ont été bien chargées, bien que nous n’ayons pas fait de grosses escapades. Nous avons fait des choses très semblables à celles que nous aurions pu faire en France, mais pourtant tellement différentes : concerts, match de foot, soirées entre amis, restaus, week-end à la campagne…

Cette fois, on se sent chez nous : nous avons même pu récupérer nos visas et nos cartes de résidents, portant la mention « expatriés ». Pas malgaches, mais plus vraiment français ! Toujours touristes en tout cas : nous prévoyons deux grosses semaines de vacances début juillet. Vous n’aurez plus de nos nouvelles pendant ce temps là mais on vous racontera tout ça dès notre retour.

Une sorte de routine étrange s’installe. Les choses qui nous choquaient au début nous semblent presque normales aujourd’hui. A l’hôpital par exemple, je ne m’étonne plus d’apprendre le décès de tel ou tel malade, et le manque criant de moyens me fait de moins en moins bondir. Pour Didier, se balader dans Andohatapenaka, l’un des quartiers les plus pauvres de Tana, lui parait normal, alors que quasiment aucun étranger ne s’y aventure.

Mais certaines scènes de la vie quotidienne nous rappellent que la vie ici est dure pour certains, et nous laissent sans voix : une femme se jetant de toutes ses forces dans une benne à ordure pour être la première à récupérer les déchets qui viennent d’y être jetés par un passant ; un gosse de 15 ans qui meurt du tétanos dans d’atroces souffrances ; les gamins de 3-4 ans qui mendient dans la pollution d’un tunnel.

Ici à Madagascar, nous prenons conscience que nous tous, français, menons dans notre pays une vie de privilégiés, même pour les plus pauvres.

30 mai 2008

Et de deux (mois)!

Le 24 mai dernier, nous avons fêté nos deux mois à Madagascar… Il est loin maintenant le temps des premiers jours où tout était nouveau pour nous! Aujourd’hui, nous nous sentons (presque) chez nous. On prend le bus le matin, on mange à midi dans des petites gargottes, on travaille, on va au marché, … Tout ceci nous semble normal. Il n’y a que l’attitude des malgaches envers nous qui nous rappelle que nous ne sommes que des “touristes” dans leur pays.

Pendant ce second mois, nous en avons profité pour continuer à voyager dans le pays. Vous avez déjà pu lire notre récit sur Majanga et bientôt nous vous raconterons notre week-end au parc national d’Andasibe (à la recherche de lémuriens en pleine forêt tropicale).

Le temps et la météo ont changé pendant ces dernières semaines… En avril c’était encore l’été (les tongues, short et t-shirt étaient notre quotidien) mais en mai nous avons commencé à avoir “frais” puis froid (on a sorti les pulls…). D’ailleurs, nous avons pris tous les deux un sacré gros rhume qui est enfin en train de se terminer!

Sinon, c’est une grande nouvelle, Christèle a enfin eu son VISA qui l’autorise à rester à Madagascar jusqu’à fin septembre! Depuis deux semaines, elle était une “sans-papier”. Mais ici avec notre tête de (riche) européen, les autorités nous ont laissé tranquille, nous ne nous sommes pas fait contrôlés, ce qui n’est pas le cas des “sans-papier” français… Pour ma part, je n’ai qu’un VISA temporaire mais ma situation devrait se régulariser ces prochaines semaines.

Une chose quand même, la “France” nous manque. Cela fait donc deux mois que nous en sommes partis, et nous nous rendons compte que nous sommes accro. Que ce soit nos familles, nos amis, Lyon et l’Ardèche, nos habitudes françaises, nos vies françaises, tout commence à nous manquer! Bon, on tient le coup et on ne va pas se permettre de se plaindre, ça ne serait pas correct… On est quand même au bout du monde!

29 avril 2008

Déjà un mois…!

Nous sommes arrivés à Madagascar le 24 mars dernier… Depuis, chaque jour pour nous a été nouveau. Les premières impressions, la rencontre avec ceux qui font aujourd’hui partis de notre quotidien, nos premiers plats de riz, la découverte des mets locaux (les fruits, les plats, la bière !), nos premiers jours de travail, … Ce sont autant de choses auxquelles nous sommes « habitués » aujourd’hui. Même le « Mora-mora » (littéralement « doucement, doucement »), on finit par s’y faire !

Il n’y a qu’une chose qui aujourd’hui nous dérange, chaque jour : la lourde et pesante bureaucratie Malgache … On vous racontera prochainement le décathlon qu’il a fallut mener pour obtenir notre VISA (que nous n’avons toujours pas après un mois de paperasse…). Entre les différents ministères, les mairies et Fokontany, la préfecture de police ainsi que les horaires aléatoires de tous ces bâtiments officiels, on s’essouffle…

Mais bon, pour l’instant, cela ne nous donne pas encore envie de repartir vers la France : on a encore tellement de choses à voir et à faire ici ! Et à part pendant de brefs instants, la France ne nous manque « presque » pas, on tient bien le coup :)

Ce que nous retenons de positif et surprenant ce premier mois est :
-    L’accueil généreux de Mme Suzanne et son mari, Daddy. Nous vivons aujourd’hui dans une chambre de l’école dont elle est la directrice.
-    Le regard amusé, apeuré ou étonné des malgaches que nous croisons.
-    La ville de Tana, polluée mais attachante, que nous découvrons au fil des jours en taxi bé (les bus malgaches)
-    Les premières fois que nous sommes sortis de Tana pour découvrir des paysages dignes de cartes postales (la campagne malgache, le lac Mantasoa, la chute et les geysers près d’Itasy, …)
-    L’accueil amical des collègues de l’hôpital et de l’association BSF
-    Le rire du Professeur Mamy qui résonne dans les couloirs de l’hôpital après chacune de ses propres blagues salaces
-    La monnaie malgache : 2500 Ar pour 1 €, ici on ne paye qu’en billet (le plus petit billet est de 100 Ar soit 4 centimes…), on se sent riches !
-    Des personnes par moment d’une extrême pauvreté mais toujours souriantes
-    Les « bonjour Vazahas !!! » des enfants des rues
-    Le riz rose et les bananes malgaches dont on ne se lasse toujours pas
-    Le vocabulaire « malagasy » que l’on nous apprend, si difficile à retenir et prononcer.
-    … :)

Nous avons vécu tellement de choses déjà qu’il est difficile de les retranscrire en quelques lignes. Sachez que nous sommes heureux d’être ici, et que le fait d’être deux nous permet de ne pas trop penser à vous :)

21 mars 2008

C’est parti…!

Nous y voila… Après des mois de préparatifs, des billets d’avion aux visas, tout y est : cette fois finie la rigolade, finies les belles paroles, place à l’action ! Nous nous envolons pour Madagascar, loin de nos familles, de nos amis, de notre pays, pour vivre une expérience qu’on espère inoubliable. Nous avons six mois pour découvrir un pays-île plus grand que la France, aux paysages d’une incroyable diversité, six mois à la rencontre d’une population, six mois pour grandir, six mois pour changer… 
Ce site a été conçu pour faire partager notre expérience à tous ceux à qui nous avons dû dire « au-revoir » : vous allez nous manquer, pensez à nous donner de vos nouvelles !
Pour les autres qui seraient arrivés ici par hasard, bienvenue chez nous ! Rien que pour vous, petite présentation :
-Elle : 22 ans, étudiante en pharmacie, elle a choisi de faire la moitié de son stage hospitalier de 5ème année à Tana, la capitale de Madagascar
-Lui : 25 ans, informaticien, il a choisi de ne pas laisser partir sa chérie toute seule, et a tout lâché pour la suivre. Il sera bénévole dans une association d’un quartier pauvre de Tana.

Nous allons essayer de vous raconter régulièrement notre quotidien, mais aussi nos escapades dans l’île rouge et notre rencontre avec la culture malgache. Chaque mois, vous pourrez lire le best-of de nos aventures dans la rubrique Mois après mois.

A très vite, si l’avion ne nous lâche pas en route !