Archive de ‘Au quotidien’

4 août 2008

Veloma Daddy…

Une triste nouvelle… Nous avons appris hier la mort de Daddy. C’est lui et Suzanne, sa femme, qui nous avaient accueillis chez eux comme leurs propres enfants à notre arrivée à Madagascar.

Il avait toujours une histoire à nous raconter sur sa longue vie ou sur celle de son peuple.

Aujourd’hui, nous perdons un peu notre grand-père malgache…

31 juillet 2008

Visa et Carte de Résident Malgache

Nous sommes arrivés à Madagascar le 24 mars et ce n’est que trois mois après que nous avons l’autorisation de rester sur le territoire jusqu’à fin septembre… En France, nous nous sommes fait faire assez facilement un visa « Long séjour transformable » (75€/pers) au consulat de Madagascar à Lyon. Malheureusement ce visa n’est valable qu’un mois et à notre arrivée nous avons du entamer tout un tas de démarche pour en obtenir un second qui lui sera valable jusqu’à la fin de notre séjour.

Et pendant deux mois, on nous a baladé de ministère en ministère, de la mairie à la Préfecture de Police, de divers Fokontany (autorité de quartier) à la « Paierie Générale » (= Trésor Public), …  Nous allions en plus de surprise en surprise, si au moins les choses avaient été claires dès le début, ça se serait bien mieux passés ! Par-dessus ça, nous avons dû nous confronter à l’attitude « Mora-mora » (doucement, doucement) de l’administration malgache, et parfois malheureusement à la méchanceté et au racisme de certaines personnes (on pense surtout à quelqu’un au Ministère de l’Intérieur que l’on surnomme depuis « Gargamel »).

Mais bon, nous étions motivés et nous n’avions pas vraiment le choix! Donc, nous sommes allés faire tout nos papiers (une vraie vingtaine de documents), nos photocopies à certifier, nos signatures à légaliser, notre inscription au registre de l’immigration, mon autorisation de travail bénévole,…

Une fois tous ces documents réunis (on a dû magouiller quelques fois pour accélérer les procédures…. Héhé !), nous avons pu poser notre dossier au Ministère de l’Intérieur. Deux semaines après, nous avons eu la surprise d’apprendre que les droits pour avoir le visa étaient de 150 000 Ariary (soit 60€) et qu’en plus il fallait obligatoirement se faire faire une carte de résident, qui elle nous a coûté 91€ pour 6 mois (plus vous restez, plus ça coûte cher)! A deux, ça fait un trou dans le budget de 300€, ça nous a bien fait mal car nous n’avons ici aucune source de revenu. Mais on pense surtout aux étudiants africains qui viennent étudier à Madagascar et qui sont loin d’avoir nos moyens… Payer ces sommes directement au Ministère de l’Intérieur aurait été trop simple, nous avons dû le faire d’une part à la paierie générale pour le visa, et d’autre part par virement pour la carte de résident à faire depuis un compte bancaire malgache (heureusement que nous connaissions des personnes qui ont pu nous aider) ! Au secours !!!!!!!!

Bon après ce dernier épisode, il a fallut juste un peu de patience pour attendre qu’on nous délivre nos chers papiers ! Et donc depuis un mois, nous les avons et nous pouvons nous faire passer pour des « malgaches » avec nos cartes de résident et ne plus payer le tarif touristes pour les lieux que nous visitons (de 10 à 25 fois moins cher !), classe non ?

Au lieu de trop critiquer cette administration, rappelons-nous juste pour terminer que le pays est une ancienne colonie française et qu’elle a donc hérité de notre système, mais malheureusement sans bénéficier des améliorations de ces 15 dernières années (ne serait-ce que l’informatisation!).

Pour les personnes qui tomberont par hasard sur cet article et qui recherche plus d’infos sur les démarches à réaliser, écrivez-nous on se fera un plaisir de vous aider ! Sachez par exemple qu’il existe un « visa de courtoisie » pour les bénévoles (voir les stagiaires). Il est délivré très facilement et ne coûte rien… si seulement on nous l’avait dit avant !

29 juin 2008

Les collègues de Christèle à l’hôpital

17 avril 2008

Mon quotidien à l’hôpital (Christèle)

Depuis maintenant trois semaines, je me rends tous les jours à l’hôpital Joseph Raseta Befelatanana (ici les noms sont toujours très très longs !!!) de Tana, dans le service des Maladies Infectieuses et Parasitaires. Après mon stage à Edouard Herriot à Lyon, autant dire que le contraste est grand, et sur tous les plans…

D’abord les pathologies rencontrées : beaucoup, beaucoup de tuberculoses, de méningites, un peu de palu. Et une maladie tropicale rare et grave, la fièvre de la vallée du Rift, transmise par la viande de bœuf, et qui se répand dans le service par les piqures des moustiques : parano assurée, pendant deux semaines on se tartinait tous de crème anti-moustiques avant chaque visite !
Ensuite le matériel : ici, pas de gants, pas de masques, et même pas d’ampoule dans chaque pièce. Il faut parfois avoir recours à la lumière d’un téléphone portable pour examiner les patients, tellement les chambres exiguës sont sombres… Il y a un lavabo pour 4 patients, pas de WC (pot de chambre pour tous !), pas de douche : autant dire que les odeurs sont parfois insupportables, j’ai du à plusieurs reprise quitter la pièce à cause de ça. Ah tiens, il y a aussi des souris qui courent dans le couloir !
Enfin, le système de soin en général : ce sont les patients qui doivent payer pour tout, de la paire de gants à la photocopie en passant par les médicaments, le sparadrap et les examens. Comme la plupart des patients sont extrêmement pauvres, il faut se limiter au minimum et souvent jouer aux devinettes pour trouver leur maladie. Et quand on la connait, souvent se résoudre à ne pas la traiter faute de moyen, voire même laisser mourir le patient.
Malheureusement, les malades sont souvent pris en charge trop tard, car la famille sait qu’il lui faudra payer : hier deux patients sont décédés après plusieurs mois de diarrhées. Arrivée déshydratée et plus que maigre (32kg), l’une d’elle est morte pendant qu’on essayait de convaincre sa mère qu’il valait mieux payer pour les examens qu’économiser pour ses funérailles, en vain. On est en 2008 et chaque jour à Mada des gens meurent de… diarrhée.
Et quand le cœur de quelqu’un s’arrête de battre, il n’y a aucune tentative de réanimation, même pas un petit bouche-à-bouche, un massage cardiaque… rien. Le cœur s’arrête et c’est tout, fin de l’histoire.

(Petit paragraphe « spéciale dédicace » à mes copines pharmaciennes, les autres vous pouvez passer directement à la suite) Pour mon premier jour, une femme en post-partum est hospitalisée dans le service, et le médecin qui fait la visite demande ce qu’on fait pour stopper la lactation. Moi, toute contente de connaitre la réponse : « on donne du Parlodel ! ». Etonnement général, personne ne connait. Snif… La réponse juste : « on demande au père, ou à la sœur… de téter ». Ah ben voui c’est sur… Ici le traitement de base c’est la vitamine C. Vous avez la diarrhée, ou mal à la gorge, ou encore une tuberculose : vitamine C ! Dans le même style, on a le calcium, les acides aminés, le Revitalose, et j’en passe… C’est parfois assez drôle de les voir prescrire ça avec autant d’aplomb, mais aussi assez pathétique. Si Zimmer voyait ça ! :D

Dans tout ça, heureusement que mes collègues sont vraiment sympas, avec un bon esprit d’équipe. Beaucoup de filles, alors ça piaille fort ! Tout le monde est agréable et souriant, et même si je n’ai pas toujours droit à la version française, ils se font tous un plaisir de m’apprendre des mots en malagasy, de l’étudiant au grand Professeur. Et généralement je fais marrer tout le monde en essayant de répéter maladroitement ce que je crois entendre… ;)

Bref, malgré les choses difficiles que je vois là bas je suis plutôt contente d’aller travailler le matin !

11 avril 2008

Les journées de Didier

Comme nous avons pu précédemment le dire sur le blog, je travaille bénévolement dans l’association Bazar Sans Frontière. Cette ONG française, qui travaille à Madagascar depuis de nombreuses années, essaie d’aider la population d’un des quartiers les plus pauvres de Tana : Andohatapenaka.

Elle aide à la réinsertion des enfants descolarisées, elle forme des jeunes à l’informatique et au français, elle fait travailler des personnes du quartier dans un atelier de broderie, elle a fait construire une maison pour tous avec une bibliothèque, une salle informatique, une salle de jeux/spectacles, et bien d’autres choses encore.

Pour ma part, je m’occupe pour le moment de la salle informatique à donner des “cours” d’initation à l’informatique et à la bureautique… Et ce n’est pas si facile que ça! Voir arriver entre quatres et huit gamins de 10-15 ans parlant plus ou moins bien le français et déterminer leur niveau en informatique avec des ordinateurs trèèèèèèèès vieux n’a pas été une mince affaire. Ce qu’il faut dire c’est qu’il y a un autre bénévole qui donne des cours informatique (le samedi) et je n’ai pas encore pu lui parler de ce qu’il leur apprend. En plus de ces enfants, j’ai aussi la tache de former certaines personnes du Fokontany qui sont étroitement liées à l’association par leurs activités. Avec Haja (le représentant de BSF ici à Tana), on a commencé à discuter il y a quelques jours d’un reportage vidéo sur le quartier, je vous tiendrai au courant :)

Mais ce n’est pas tout, en France j’ai pu prendre contact avec une personne d’une autre association qui s’occupe de faire bouger des jeunes d’Antsirabe (à 160 km de Tana). je l’ai rencontré cette semaine, lui ai donné/vendu l’ordinateur portable que j’avais ramené pour lui de France et on a pu parler du site internet de l’asso qu’il voudrait refaire…

Une autre association m’a écrit un mail cette semaine, “SOS Village d’Enfants de Madagascar”, ils aimeraient me rencontrer (mardi 15 avril) pour que je les aide à refaire leur site…

Bon ok c’est encore de l’informatique mais je me suis rendu compte que aider des personnes dans un pays à 9000km de chez soit avec une culture bien particulière et en dehors de son “domaine de compétence” n’est pas forcément la meilleur chose à faire… Mais bon, mon but en venant ici était de me rendre utile mais aussi de rencontrer des gens, de m’intégrer et avec ce que je fais chaque jour je suis pleinement satisfait! Et puis, j’ai six mois à vivre ici à Madagascar, on verra ce que je serai amené à faire d’autre!

9 avril 2008

Changement de programme

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous raconter mon quotidien à l’hôpital, et bien non. Petit imprévu au programme, finalement vous aurez droit à une bonne blague, qui vous fera bien marrer j’en suis sure, mais Didier et moi, beaucoup moins.

Ce samedi matin, deuxième week-end à Tana et on déménage déjà, de chez Mme Suzanne à la chambre de son école, plus près du centre. Il fait chaud, il fait beau, on fait nos sacs et on part vers notre nouveau chez-nous : bref on est contents et tout va bien! A midi on se fait inviter, premier repas dans la jolie cours de l’école, bordée de cocotiers, bananiers, figuiers, et autres.

Dans l’après-midi, on décide de bouger nos vieilles carcasses pour aller au « zou », alias le zoo, parc botanique et zoologique de Tsimbazaza au sud de Tana. Il fait toujours beau, chaud, on est bien, la vie est belle!

Retour à l’école, le gardien nous ouvre les portes, grande classe, et pour terminer en beauté cette journée, on décide de sortir manger au resto, il y en a un pas très loin, 5 minutes à pied, il fait nuit mais on n’a même pas peur… :( Certes, l’orage gronde au loin, un peu trop fort d’ailleurs, mais pleins d’optimisme on part en t-shirt et chemise.
Petit resto chinois, très bon repas pour pas cher (côtes de porc sauce pomme d’amour pour moi, émincé de poulet aux champignons noirs pour Didier, et banane flambée au rhum en dessert). On remarque qu’il commence à pleuvoir, sans inquiétude, ici il ne pleut jamais bien longtemps. Erreur. C’est ici que vous commencez à rire.

A la sortie du restaurant, grosse averse : on décide de rester à l’abri 5 minutes, le temps que ça se calme, mais ça ne fait qu’empirer, des trombes d’eau coulent dans les rues. Croyant profiter d’une accalmie, on se lance, “bah c’est pas bien loin, on sera un peu mouillé c’est tout”. Re-erreur. Dans la nuit et sans aucun éclairage publique, on s’éclair à l’éclair et à la lumière des phares des quelques voitures que l’on croise. On ne voit pas où on met les pieds, et trop  tard on se rend compte qu’il y a des flaques de 20cm de profondeur. On flotte, il flotte, la pause à mi-parcours nous permet d’évaluer les dégâts : trempés, jusqu’aux os. Bah aller c’est pas grave, on y est presque!

Arrivés devant le portail, tous fiers de nous, plus qu’à sonner pour que le gardien vienne nous ouvrir. Sauf que… Avec le bruit de la pluie et l’orage, il ne nous entend pas, on cogne sur le portail, on hurle, rien.
Après 10 longues minutes, le gardien vient nous ouvrir, hilare sous son parapluie, qu’il nous tend pour éviter qu’on se mouille. Ahah :(
Au final, la soirée se termine les fesses à l’air au beau milieu de l’école, douche et lessive à la lampe de poche car les coupures d’électricité s’enchainent.

Bon ok, compris, la prochaine fois on prendra un parapluie…

31 mars 2008

Une semaine de gagnée…!

25 mars : Réveillés à 7h00 (soit 5h du matin en France) pour notre première véritable journée à Tana, nous avons eu du mal à nous réveiller pour prendre le petit déjeuner offert par Nenny (Madame Suzanne) et Daddy tellement nous étions fatigués, et inquiets… Mais bon, on est à Madagascar, tout va bien !

Comme prévu, Haja (pronnoncé « iadj ») est venu nous chercher vers 10h pour nous aider à faire nos papiers… Merci à lui, car en une journée nous avons gagné au moins une semaine de galère dans la ville pour trouver les bâtiments officiels, se rendre à tel quartier ou tel Fokontany (« fouktane », sorte de mairie de petit quartier gérant les dossiers administratifs les plus courants). Nous avons pu nous rendre au Ministère de l’Intérieur, à la Préfecture de Police et à la mairie du premier arrondissement de Tana (grâce aux relations de Haja, nous n’avons pas eu à attendre).

On peut dire que ce jour là, nous n’avons pas été mora mora (« tranquille tranquille »), car en plus de tous ces papiers, Haja a pris le temps de nous emmener changer une partie de notre argent (taux : 1€ = 2500 Ariary !), acheter un téléphone, faire des photos d’identité, faire des courses dans un supermarché, … Dans tout ça, nous avons même sauté le repas de midi!

Avec Christèle, on se sent mieux que la veille, les malgaches ne font pas plus attention à nous que ça, on sort de la voiture sans crainte, on échange quelques sourires avec des enfants et des adultes, mais on ne croise toujours pas de Vazaha (étranger, européen, blanc). Cependant, aujourd’hui c’est vis-à-vis de Haja que nous nous sentons mal à l’aise, il en fait tellement pour nous !

En fin de journée, tous ensemble nous avons fait un passage à l’atelier de broderie de l’association BSF, pour laquelle je suis bénévole, puis à la Maison pour Tous à Andohatapenaka (un quartier de la ville) pour nous présenter quelques personnes très sympathiques avec qui je vais aussi travailler.

A peine rentrés chez nous et avant de s’écrouler sur notre lit, on se prépare une pleine casserole de riz « rose », le plat national qu’on assaisonne avec du… ketchup ! (désolé…)

Velouma ! (au revoir)

30 mars 2008

Premières impressions

Après un long voyage et 8743km parcourus au-dessus de l’Italie, l’Afrique et l’Océan Indien, on touche le sol malgache à 6h50 heure locale, soit 4h50 pour nous. Un grand ciel bleu et déjà on quitte les pulls.

Sur la route qui nous conduit de l’aéroport à la grande maison de ceux qui nous accueillent, on réalise que le « choc des cultures » sera grand : des centaines de personnes marchent le long des routes, ou carrément sur la route, avec parfois des paniers sur la tête, des seaux d’eau à chaque bras, souvent pieds nus, enfants comme adultes. D’autres sont assis sur la terre ocre et vendent des fruits, des légumes, du pain, au milieu des voitures et de la pollution.

Après avoir posé nos sacs dans notre nouvelle petite maison, on repart pour un tour de Tana en voiture avec Haja, qui travaille pour la même association que Didier, et notre chauffeur. Mal à l’aise, nous ne descendrons qu’une fois de la voiture. On se sent observés, sous toutes les coutures, et nous ne savons pas comment interpréter ces regards : simple curiosité, ou animosité ? Fatigués, on rentre assez vite manger chez Mme Suzanne et son mari Daddy, qui nous accueillent avec une gentillesse et une générosité déconcertantes. Notre petite maison est une dépendance de la leur, grande et belle demeure au milieu d’un quartier très pauvre.

Ils nous racontent leur pays et leur culture, ça nous rassure un peu. La fin de journée se passera chez eux, après avoir ouvert les cadeaux de ma belle-maman préférée, une petite sieste et on retourne manger avec nos hôtes !

La journée du lendemain sera consacrée à la paperasse, mais c’est une autre histoire…